Comment le manager peut-il tirer parti du numérique (2) ? - advanseez

Nous poursuivons nos rencontres avec des managers autour de la prise en compte du numérique dans les entreprises. Aujourd’hui nous sommes avec Julien Mouchet, co-fondateur de Qape, une entreprise qui s’attache à fournir une offre innovante et éthique dans le domaine de l’assurance.

Bonjour Julien, pouvez-vous nous parler de votre parcours et de l’activité que vous exercez actuellement ?

Je suis dans le milieu de l’assurance depuis une vingtaine d’années par nécessité alimentaire d’abord, puis je me suis rendu compte que c’est un métier qui peut se révéler intéressant pour ne pas dire passionnant humainement parlant. J’ai exercé des métiers très complémentaires au sein de compagnies, comme agent général ou encore courtier, à des postes opérationnels, de direction, en front office comme en middle office. Mon dernier poste était courtier indépendant spécialisé sur le secteur des entreprises.  Aujourd’hui, je suis associé dans Qape une jeune entreprise innovante dans le domaine de l’assurance.

Lorsque j’ai rencontré Kim Vu Dinh, un mes associés chez Qape avec David Syed, il s’est présenté à moi de la façon suivante: « j’ai été consultant en transformation numérique des entreprises pendant un certain nombre d’années, j’ai travaillé pendant les 3/5 dernières années dans le monde de l’assurance et l’idée reçue que j’avais a été confirmée par cette expérience, me dit-il, c’est-à-dire que le monde de l’assurance est très opaque ». Dans un premier temps cela m’a vexé, car j’avais l’impression d’apporter professionnalisme et transparence au profit des assurés. Et en fait, je me suis rendu compte que c’était vrai car si j’avais tant d’efforts à faire pour m’occuper de mes clients c’est que fondamentalement c’était un marché forgé dans l’opacité. Pour deux raisons: un conflit majeur entre les intérêts de l’assureur et de l’assuré, et des pratiques de marketing visant à attirer les clients qui n’auront pas de sinistres.
Or nous pensons que nous sommes dans un marché dont la base doit être la mutualisation.

Le projet de Kim était de proposer une solution qui permette par un comparateur de rompre cette opacité. Voilà comment à débuté le projet dans lequel je suis engagé aujourd’hui au sein de Qape, qui compte un petite dizaine de personnes.

De votre expérience, qu’avez-vous retenu des usages et des difficultés rencontrés dans la formalisation et la mise en œuvre de la stratégie ?

« Pour bien pousser, il faut savoir planter ». Ou se planter ! Pour réussir il faut savoir s’entourer, collaborer et travailler à plusieurs. Cela demande pour cela d’accepter, sous certains aspects, d’abandonner la volonté de tout maîtriser. Cela signifie partager une vision commune, et de s’entendre sur la stratégie. Au sein de Qape, entre les associés, nous démultiplions nos apports individuels par leur mise en commun. Lorsque je collaborais dans mes postes précédents, et qu’il y ai une vision ou pas, la vision était à court terme, voire inexistante. Quel qu’était le management, même dit participatif, il n’y avait aucun partage sur la construction de la stratégie et sur la vision.

Quels sont de votre point de vue les principaux problèmes/manques/frustrations que rencontrent les managers dans la coordination des équipes, notamment à distance ? Quelles alternatives mettent-ils généralement en place pour résoudre ces problèmes ?

Les personnes qui managent à distance ont peur de ne pas maîtriser la situation, par un vision parfois trop individualiste de leur fonction. Et s’ils ont peur, c’est qu’ils ne comprennent pas toujours comment les
collaborateurs peuvent, en réalité, être impliqués dans leur succès et celui de leur équipe. Je parle ici de la confiance qui doit nécessairement s’installer dans les relations entre le manager et les collaborateurs.

La coordination des personnes est rendue difficile par toutes les interférences exogènes que nous connaissons et qui nous éloignent de nos objectifs. L’agilité que nous recherchons dans nos activités est conditionnée par notre capacité, en tant que manager, à développer notre leadership et donc l’implication des collaborateurs. Les outils que nous mettons en place ont pour objectif de palier les difficultés à se coordonner, et montrent bien souvent leur inefficacité, car nous n’avons pas mis en place en amont, les conditions favorables à une bonne coordination.

Selon vous, quelles solutions numériques, ou pas, les managers pourraient mettre en place pour limiter ces problèmes de coordination ? Quelle place occupe ou devrait occuper le numérique dans le management opérationnel des start-ups aujourd’hui ?

Le numérique a une place centrale. Aujourd’hui le numérique est à la base de notre organisation entre nos deux sites de Paris et de Bourgogne. Le numérique a beaucoup à nous apporter pour faciliter des tâches et lever les irritants qui ralentissent certains de nos processus. Pour notre part, nous utilisons les solutions Microsoft sur le cloud pour partager toute l’information nécessaire au management de l’entreprise.

 

 

Pour terminer, quel doit être selon vous, le rôle et la posture des managers dans l’utilisation du numérique dans les start-ups aujourd’hui ?

L’arrivée du numérique dans les entreprises est une intégration culturelle. Le digital a pris le pas. C’est un outil essentiel facteur d’amélioration, de démultiplication de notre métier au quotidien. Et notre métier ayant pour vocation d’apporter une information claire aux assurés pour qu’il puissent comprendre, souscrire et gérer leur programme d’assurance. Nous l’utilisons notamment dans la solution de comparateur que développe Qape.

Mon rôle, moi qui ne suis pas « fluent digital », l’équipe apprend plus vite que moi, je le vois comme un rôle d’animateur. Mon rôle est de garder en ligne l’équipe vers les objectifs qui sont les nôtres. Je constate que nos collaborateurs sont sensibilisés à l’utilisation des outils numériques. Par exemple, que l’information traitée n’est pas personnelle, elle est collective. Son traitement doit donc être réalisé en pensant que celle ci est susceptible d’être utilisée par un autre.

 

 

 

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